MaPrimeRénov' : le remplacement des fenêtres sort du parcours « par geste » au 1er septembre 2026
Le remplacement de fenêtres est sorti de MaPrimeRénov' par geste le 1er septembre 2026. CEE, éco-PTZ et TVA à 5,5 % restent mobilisables : les plans de financement sont à reconstruire.

Depuis le 1er septembre 2026, le remplacement de fenêtres n'ouvre plus droit à MaPrimeRénov' en travaux isolés. Les CEE, l'éco-PTZ et la TVA à 5,5 % restent mobilisables.
Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 et ses deux arrêtés d'application, publiés au Journal officiel du 27 août, retirent le remplacement des parois vitrées de la liste des dépenses éligibles au parcours « par geste ». Voici ce qui change pour les installateurs, et ce qui finance encore un chantier de menuiserie.
L'essentiel
| Question | Réponse |
|---|---|
| Date d'effet | 1er septembre 2026 |
| Textes | Décret n° 2026-822 du 25 août 2026 et deux arrêtés du même jour, JO du 27 août |
| Ce qui compte | La date de dépôt de la demande de prime, pas la date du devis |
| Fenêtres en parcours « par geste » | Supprimées |
| Fenêtres en rénovation d'ampleur | Toujours finançables |
| Prime CEE fenêtre (BAR-EN-104) | Maintenue |
| Éco-PTZ et TVA 5,5 % | Maintenus |
| Logements classés F et G | Parcours « par geste » prolongé jusqu'au 31 décembre 2027, pour les gestes restants |
Ce qui change exactement depuis le 1er septembre 2026
Le parcours « par geste » de MaPrimeRénov' permettait de financer un travail isolé, sans obligation d'engager une rénovation globale. C'est ce parcours qui se referme sur la plupart des travaux d'enveloppe.
Gestes supprimés du parcours « par geste »
- Isolation thermique : murs, combles, rampants de toiture, plafonds de combles, toitures-terrasses, et parois vitrées (fenêtres, portes-fenêtres, fenêtres de toit)
- Systèmes de ventilation
- Appareils de chauffage indépendants au bois ou autres biomasses (poêles, inserts)
- Pompes à chaleur dédiées à la seule production d'eau chaude sanitaire (chauffe-eau thermodynamiques)
- Équipements solaires thermiques et capteurs hybrides, hors outre-mer pour l'eau chaude sanitaire
Gestes qui restent éligibles
- Pompes à chaleur de chauffage : air/eau, géothermiques, solarothermiques, seules ou avec production d'eau chaude
- Raccordement à un réseau de chaleur
- Dépose de cuve à fioul
- Audit énergétique et accompagnement par Mon Accompagnateur Rénov'
Les pompes à chaleur air/air restent exclues, et les PAC hybrides intégrant un appoint gaz ou fioul sortent également du dispositif. L'orientation assumée par le gouvernement est de concentrer l'aide sur la décarbonation du chauffage, avec un objectif affiché d'un million de pompes à chaleur installées par an d'ici 2030.
Quels dossiers restent sous l'ancien régime ?
Le critère retenu par les textes est la date de dépôt de la demande de prime, pas la date du devis. Un devis signé fin août, une simulation en ligne ou la création d'un compte ne suffisent pas : le dossier doit avoir été effectivement déposé auprès de l'Anah avant le 1er septembre 2026.
C'est le point à vérifier en priorité sur les affaires en cours. Les dossiers déposés avant cette date restent instruits selon les règles applicables au moment du dépôt.
Deux aménagements à connaître
Les passoires thermiques gardent un an de plus. En France métropolitaine, les logements classés F ou G au DPE conservent l'accès au parcours « par geste » jusqu'au 31 décembre 2027. Attention à la portée réelle de cette prolongation : elle porte sur les gestes qui restent éligibles, pas sur ceux que le décret supprime. Elle ne rouvre donc pas la porte au financement des fenêtres en travaux isolés.
L'obligation de DPE est repoussée. Pour les gestes restants en métropole, l'obligation de fournir un diagnostic de performance énergétique pour accéder au parcours « par geste » est décalée au 1er janvier 2028.
Ce qui finance encore le remplacement de fenêtres
La suppression porte sur une ligne de financement, pas sur l'ensemble du plan de financement. Quatre leviers restent disponibles.
1. La prime CEE (fiche BAR-EN-104)
Les certificats d'économies d'énergie ne sont pas touchés par la réforme. La fiche BAR-EN-104 continue de valoriser la pose de fenêtres, portes-fenêtres et fenêtres de toit complètes avec vitrage isolant.
Ses conditions n'ont pas changé, et elles sont restrictives :
- L'opération doit porter sur le remplacement d'un simple vitrage existant, ou sur la pose d'une double fenêtre sur une baie en simple vitrage. Un remplacement double vitrage vers double vitrage n'est pas éligible.
- Le simple remplacement du vitrage sans changement de dormant est exclu, de même que les vérandas, la fermeture de loggia et la création d'une ouverture dans une paroi opaque.
- Des seuils de performance thermique et solaire (Uw et Sw) s'appliquent, différents selon qu'il s'agit d'une menuiserie complète, d'une fenêtre de toit ou d'une double fenêtre. Se reporter à la version en vigueur de la fiche avant de chiffrer.
- L'entreprise doit être titulaire d'une qualification RGE relevant de la catégorie 9° pour les parois vitrées verticales, ou 10° pour les vitrages en toiture.
- Le montant est calculé au mètre carré posé, selon la zone climatique.
Le CEE devient de fait le premier levier d'aide directe sur ce type de chantier. Avec une conséquence commerciale nette : le parc en simple vitrage devient le segment prioritaire, puisque c'est le seul qui ouvre droit à une prime.
2. MaPrimeRénov' Parcours accompagné
Les fenêtres restent finançables lorsqu'elles s'inscrivent dans une rénovation d'ampleur, avec accompagnement obligatoire par un Accompagnateur Rénov' et gain minimal de classes énergétiques. Une condition supplémentaire s'applique depuis le 1er septembre en maison individuelle : ne plus conserver de système de chauffage fonctionnant aux énergies fossiles à l'issue des travaux, hors raccordement à un réseau de chaleur.
Ce parcours est plus exigeant en montage, en délais et en coût global. Il ne se substitue pas au monogeste pour un ménage qui souhaitait remplacer six fenêtres.
3. L'éco-prêt à taux zéro
Le second arrêté du 25 août maintient les travaux exclus de MaPrimeRénov' dans le périmètre de l'éco-PTZ. Les plafonds en vigueur en 2026 distinguent l'action unique sur parois vitrées, l'action unique hors fenêtres, les bouquets de deux ou trois travaux et la rénovation globale, avec une durée de remboursement pouvant aller jusqu'à vingt ans.
Une réserve d'usage s'impose dans l'argumentaire commercial : l'éco-PTZ est un crédit, pas une subvention. Il étale la dépense, il ne la réduit pas.
4. La TVA à 5,5 %
Le taux réduit continue de s'appliquer au remplacement de fenêtres dans un logement achevé depuis plus de deux ans, dès lors que les menuiseries respectent les seuils de performance fixés par la liste réglementaire et que la fourniture comme la pose sont facturées par l'entreprise. Sur un chantier de 8 000 € TTC, l'écart entre 10 % et 5,5 % représente plusieurs centaines d'euros.
Point de vigilance : la presse professionnelle évoque l'hypothèse d'un alignement de la liste des travaux éligibles à la TVA réduite sur celle de MaPrimeRénov'. Rien n'est acté à ce jour, mais le sujet mérite d'être suivi.
À cela s'ajoutent les aides locales. Régions, départements, intercommunalités et certaines communes maintiennent des dispositifs propres, souvent méconnus des ménages. Elles deviennent un différenciateur commercial réel.
Pourquoi la filière s'y est opposée
La décision n'a pas été prise sans opposition. Le Conseil national de l'habitat, réuni le 2 juillet 2026, a rendu un avis défavorable sur le projet de réforme. L'UFME est intervenue à plusieurs reprises auprès du gouvernement, dont un courrier de son président Laurent Demasles au ministre de la Ville et du Logement le 22 juillet. La CAPEB et la FFB ont formulé des alertes convergentes.
Trois arguments structurent la position de la filière.
La fenêtre est une porte d'entrée dans la rénovation. Selon les données avancées par l'UFME, 40 % des propriétaires débutent leur parcours de rénovation par le remplacement des fenêtres, et 71 % enchaînent ensuite sur d'autres travaux de performance énergétique. Supprimer l'aide sur ce geste reviendrait à retirer la première marche d'un escalier plutôt qu'à en supprimer une étape intermédiaire.
Le gisement reste considérable. Près d'un logement français sur trois est encore équipé de simple vitrage. À cela s'ajoute un enjeu de confort d'été, alors que les épisodes de forte chaleur se multiplient : la performance des parois vitrées joue autant sur les surchauffes estivales que sur les déperditions hivernales.
L'enjeu est industriel. Environ 90 % des fenêtres posées en France y sont fabriquées, par un tissu de PME et d'ETI implantées dans les territoires. L'UFME met également en avant un calcul de retour pour les finances publiques : pour une aide moyenne de 50 à 100 € par fenêtre remplacée, l'État récupérerait 285 € en cotisations sociales et prélèvements fiscaux.
Le gouvernement a maintenu sa décision, justifiée par le gel de crédits budgétaires et par la priorité donnée aux rénovations d'ampleur et à l'électrification du chauffage.
Ce que ça change concrètement pour un menuisier installateur
Cinq points opérationnels à traiter cette semaine.
Auditer le pipeline de devis. Identifier les affaires signées ou en attente qui reposaient sur MaPrimeRénov'. Pour chacune, vérifier si une demande a bien été déposée avant le 1er septembre, et refaire le plan de financement dans le cas contraire. Un ménage qui découvre la disparition de l'aide à la commande, c'est un chantier perdu et une relation dégradée.
Reconstruire l'argumentaire de financement. Le réflexe « MaPrimeRénov' + CEE » ne fonctionne plus sur ce geste. Le nouveau socle est CEE + TVA 5,5 % + aides locales, avec l'éco-PTZ en appoint de trésorerie. Cela suppose de savoir chiffrer une prime CEE au mètre carré et de connaître les dispositifs de sa région.
Cibler le simple vitrage. C'est le seul cas ouvrant droit à la prime CEE. Cela change la qualification des leads : la question « quel est le vitrage actuel ? » devient déterminante dès le premier échange téléphonique, avant même le déplacement.
Vérifier sa qualification RGE. La prime CEE exige une qualification relevant de la bonne catégorie, valide à la date des travaux. Un renouvellement en retard bloque le dossier du client.
Déplacer le discours de vente. L'aide publique était un déclencheur commode. Elle ne peut plus porter seule l'argumentaire. Confort d'été, confort acoustique, sécurité, valorisation du bien à la revente et économies de chauffage restent des motifs d'achat solides, à condition d'être chiffrés et documentés plutôt qu'énoncés.
Questions fréquentes
Le remplacement de fenêtres est-il encore aidé en 2026 ?
Oui, mais plus par MaPrimeRénov' en travaux isolés. La prime CEE (fiche BAR-EN-104), l'éco-PTZ, la TVA à 5,5 % et les aides locales restent mobilisables. Les fenêtres restent également finançables dans le cadre d'une rénovation d'ampleur via MaPrimeRénov' Parcours accompagné.
Mon devis a été signé en août, l'aide est-elle maintenue ?
Ce qui détermine le régime applicable est la date de dépôt de la demande de prime auprès de l'Anah, pas la date du devis. Un devis signé avant le 1er septembre sans demande déposée relève des nouvelles règles.
La prime CEE pour les fenêtres est-elle supprimée ?
Non. Les certificats d'économies d'énergie ne sont pas concernés par cette réforme. La fiche BAR-EN-104 reste applicable, dans son périmètre habituel : remplacement de simple vitrage par une menuiserie complète à vitrage isolant, par une entreprise RGE qualifiée.
Les logements classés F et G peuvent-ils encore en bénéficier ?
La prolongation du parcours « par geste » jusqu'au 31 décembre 2027 pour les logements F et G en métropole ne concerne que les gestes restés éligibles. Le remplacement des fenêtres n'en fait plus partie.
La TVA à 5,5 % s'applique-t-elle toujours aux fenêtres ?
Oui, sous réserve des conditions habituelles : logement achevé depuis plus de deux ans, menuiseries respectant les seuils de performance réglementaires, fourniture et pose facturées par l'entreprise.
Quel est le texte de référence ?
Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 modifiant le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, accompagné de deux arrêtés du 25 août 2026, publiés au Journal officiel du 27 août 2026.
Sources : Légifrance (décret n° 2026-822 du 25 août 2026 et arrêtés du 25 août 2026, JO du 27 août) ; Service-Public.fr ; UFME ; Conseil national de l'habitat ; fiche d'opération standardisée CEE BAR-EN-104.
Cet article présente l'état de la réglementation au 2 septembre 2026. Il ne constitue pas un conseil personnalisé : les montants et conditions d'éligibilité dépendent des revenus du ménage et des caractéristiques du logement et des équipements. Le service public France Rénov' reste la référence pour une situation individuelle.
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